Séminaires

Vers la détection de l'invisible : la matière sombre

par Marie-Cécile Piro (University of Alberta)

Europe/Paris
Description
Résumé :
Malgré les avancées remarquables dans les domaines de la science, de la physique et de l’astronomie, nous ne comprenons toujours pas près de 85 % de la masse de l’Univers. Les observations astronomiques et cosmologiques suggèrent l’existence d’une matière invisible, différente de celle que nous connaissons et qui serait cinq fois plus abondante « la matière sombre ». Pourtant, à ce jour, elle demeure indétectable par nos instruments actuels sur Terre, ce qui en fait l’un des plus grands mystères non résolus de la cosmologie moderne. Ce mystère est au cœur de nombreuses recherches à travers le monde, car la matière sombre est considérée comme un élément clé pour expliquer la formation de l’Univers et pourrait révéler une nouvelle physique, au-delà du modèle standard. Après avoir exposé l’importance de la matière sombre et les preuves de son existence, je présenterai diverses technologies actuelles utilisées pour la détecter, les défis auxquels nous sommes confrontés, ainsi que les innovations nécessaires pour percer enfin ce mystère.
 
Biographie :
Marie-Cécile Piro est professeure agrégée en physique à l’Université de l’Alberta et professeure auxiliaire au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère à l’Université Dalhousie. Elle a obtenu son doctorat en physique expérimentale des particules à l’Université de Montréal, dans le cadre du projet PICASSO installé au laboratoire souterrain de SNOLAB au Canada, où elle a étudié la détection de la matière sombre à l’aide de chambre à bulles. Elle a ensuite mené des recherches postdoctorales en France sur les bolomètres au germanium de l’expérience EDELWEISS au Laboratoire Souterrain de Modane, puis a travaillé aux États-Unis et en Italie en tant que chercheuse associée au sein de la collaboration XENON1T au Laboratoire National du Gran Sasso. Lauréate en 2024 de la bourse nationale Dorothy Killam pour ses avancées sur la détection de la matière sombre, elle contribue également à des projets de paléo-topométrie et d’imagerie muonique appliqués aux sciences de la Terre.